La triste vérité du viol conjugal en Inde

La violation silencieuse dans les foyers indiens

Souffrance et guérison | | , Auteur et scénariste
Mis à jour le : 17 septembre 2024
Viol conjugal en Inde : quelle est la vérité ?
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En Inde, le viol conjugal demeure un fléau social qui donne aux femmes le sentiment d'être ignorées et violées au sein de leur foyer. Bien qu'il s'agisse par essence d'un viol et d'un refus de consentement, le viol conjugal n'est toujours pas considéré comme un crime ou un délit en droit indien.

Des milliers de femmes sont ainsi victimes de ce crime odieux, sans aucun moyen de l'empêcher. Une étude a révélé qu'un homme sur trois dans les pays en développement comme l'Inde a admis viol conjugal. Pour en savoir plus sur le viol conjugal en Inde et sa gravité, lisez les récits suivants.

Le viol conjugal en Inde : quelle est la vérité ?

Quand j'ai ouvert la porte pour accueillir Sushma (ce n'est pas son vrai nom) À l'intérieur de ma maison, je n'ai pas pu m'empêcher de remarquer le vilain bleu sous son œil gauche. Je lui ai préparé une tasse de thé et je l'ai invitée à s'asseoir à côté de moi sur le canapé. Elle a pris la tasse sur le plateau et s'est assise à contrecœur. « C'est lui qui a fait ça ? » lui ai-je demandé.

« Il y a deux jours », dit-elle. « Il est parti au village pour quelques jours. C'est grâce à ça que j'ai pu venir. » Sushma est une parente éloignée d'une connaissance à qui j'ai fait remarquer en passant que je travaillais sur un article sur les statistiques du viol conjugal en Inde. Elle a insisté pour que je lui parle.

"Qu'est-il arrivé?"

C'était toujours la même histoire. Il est rentré ivre tard dans la nuit. Les enfants et moi dormions par terre. Dès qu'il est entré, il a donné des coups de pied aux enfants. Je me suis réveillée dans le tumulte et j'ai vu mes enfants subir de graves sévices. la maltraitance des enfants. Je savais ce qui allait se passer ensuite.

J'ai donc immédiatement fait sortir les enfants. Avant même que je puisse fermer la porte, il avait enlevé son pantalon. J'ai essayé de m'enfuir, mais il m'a frappée. Et puis, c'était fini. Quand j'ai voulu rappeler les enfants, ils étaient recroquevillés dans un coin, froids et trempés. Il pleuvait à verse, et je n'ai même pas eu le temps de leur donner un parapluie. Elle a fondu en larmes.

statistiques sur le viol conjugal en Inde
J'étais consterné par la façon dont il se comportait après avoir bu.

« Tu n’es pas allé à la police ? »

« Je l'ai fait. Il y a environ un an. Ils l'ont emmené au poste et menacé. Puis ils l'ont relâché. Il est revenu tellement en colère ce soir-là qu'il m'a tabassé. Je n'ai pas pu sortir du lit pendant une semaine. Ça ne sert à rien d'aller à la police. Ils ne vont pas l'enfermer. Je n'ai qu'une seule solution… »

"Qu'est-ce?"

Je peux divorcer. J'en ai parlé à une avocate. Elle m'a dit que je ne pouvais rien affirmer sur la vérité du viol conjugal. Donc, seuls les coups seront mentionnés. Je devrai me battre pour la pension alimentaire, la garde des enfants et tout le reste. Je n'ai ni argent ni éducation pour tout ça. Si je le quitte, je devrai tout recommencer à zéro. Avec deux enfants, c'est effrayant.

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« Alors, qu’est-ce que tu vas faire ? » ai-je demandé.

"Je ne sais pas…"

En Inde, une femme victime de viol conjugal ne dispose d'aucun recours juridique si elle vit avec son mari. Pour prétendre être victime de viol conjugal, elle doit être mineure ou séparée de son mari.

Les femmes comme Sushma ne peuvent demander protection qu'en vertu de la loi sur la violence familiale (DV Act), qui est une loi civile. Même en vertu de cette loi, Sushma pourra obtenir une ordonnance de protection, une ordonnance de réparation pécuniaire, une ordonnance de garde, une ordonnance de résidence, une ordonnance d'indemnisation ou plusieurs de ces ordonnances, mais son mari sera impuni. Aucune loi sur le viol conjugal ne peut lui rendre justice. Il ne sera ni jugé ni puni par la loi.

Forces du bien

L'histoire de Sushma m'a laissée perplexe. Pour trouver des réponses, je me suis tournée vers la Fondation Red Elephant. « En Inde, les femmes ont 40 % plus de risques d'être violées par leur mari que par un inconnu », m'a confié Vandita Morarka. Vandita Morarka est chercheuse juridique à la Fondation Red Elephant. Avec Kirthi Jayakumar, la fondatrice, elle faisait partie de l'équipe principale engagée dans la campagne pour la criminalisation du viol conjugal en Inde.

Si, d'un côté, l'ancienne ministre de la Femme et du Développement de l'Enfant, Mme Maneka Gandhi, a déclaré que le terme « viol conjugal » « ne peut s'appliquer au contexte indien », de l'autre, des voix sensées s'élèvent, comme celle de Kirthi Jayakumar, fondatrice de Saahas, une application destinée aux victimes de violences sexistes, pour souligner que « un viol est un viol, quels que soient le lieu et le contexte. Le mariage ne justifie pas. Le mariage est-il une excuse au viol ? Non. Ce dont l'Inde a besoin, c'est d'une législation qui aborde et sanctionne le viol conjugal, ainsi que d'une éducation systémique de tous les genres sur le viol, le consentement et l'espace personnel. »

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Une menace pour la société ?

Récemment, des arguments ont été avancés devant les tribunaux selon lesquels la législation contre le viol conjugal en Inde pourrait mettre en péril l'institution même du mariage. Vandita Morarka, également fondatrice et PDG de One Future Collective, s'y oppose avec véhémence. « Affirmer que le viol conjugal pourrait mettre en péril l'institution du mariage revient à en faire, en définitive une forme de viol/violence sexuelle, un élément clé de l'institution elle-même. Est-ce l'idée du mariage que nous souhaitons transmettre à chaque génération ? Nous devons changer notre conception du mariage, qui repose sur des principes absolus et la domination masculine, pour le considérer comme un partenariat d'égal à égal, fondé uniquement sur le consentement. »

Sushma est d'accord. « J'ai vu mon père frapper ma mère et violence conjugale On le fait avec désinvolture chez moi. C'est peut-être pour cela que je suis docile et que je supporte ces absurdités. J'ai peur pour mes enfants. Je veux qu'ils donnent et reçoivent amour et respect. Cela ne doit pas devenir un héritage à transmettre à la génération suivante.

la vérité sur le viol conjugal
Le mariage comme partenariat entre égaux, fondé uniquement sur le consentement

« Je n'ai pas besoin de vous raconter ce qui s'est passé avec les lois sur la dot. La même chose se produira inévitablement si nous créons une loi rigide sur le viol conjugal. Toute femme qui s'ennuie ou est en colère contre son mari va crier au scandale », déclare un avocat de la Haute Cour de Bombay, sous couvert d'anonymat.

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Que la raison l'emporte

Kirthi Jayakumar est une militante indienne pour les droits des femmes, entrepreneuse sociale, militante pour la paix, artiste, avocate et écrivaine. Elle est la fondatrice de la Fondation Red Elephant et de Saahas, une application destinée aux victimes de violences sexistes. Elle a reçu la Médaille présidentielle des États-Unis en 2011 et deux Prix du volontariat en ligne des Nations Unies en 2012 et 2013.

En savoir plus sur les abus

Une fois de plus, la voix raisonnable de Kirthi était pertinente. « Ces appréhensions me font penser à l'expression « jeter le bébé avec l'eau du bain ». Tout peut être détourné : on peut couper un fruit avec un couteau, on peut tuer avec un couteau. Alors, peut-on interdire les couteaux ? Non. TOUT instrument législatif peut être détourné. Le fait est qu'il est dans l'intérêt supérieur de conserver une loi qui protège les intérêts. La meilleure façon de se prémunir contre les détournements est de mettre en place des garanties dans l'application, l'exécution, l'interprétation et la mise en œuvre de la loi. C'est pourquoi nous devons disposer de garanties procédurales appropriées et de processus d'enquête sensibilisés et appropriés. »

En attendant que les législateurs indiens prennent conscience de cette nécessité, j'ai demandé à Sushma quel changement elle souhaitait. « La première chose dont les Indiennes ont besoin, c'est la liberté de choisir. C'est pourquoi il est si nécessaire de parler de féminisme. De plus, le féminisme profite aussi aux hommes et ils doivent le savoir pour nous donner la liberté de choisir. Nous devrions pouvoir choisir d'étudier, de nous marier, d'avoir des enfants et d'avoir des relations sexuelles. Quoi qu'il arrive, je donnerai cela à ma fille », a-t-elle déclaré, l'espoir brillant dans ses yeux.

  • Le viol conjugal est une violation des droits de l’homme : Elle inflige de graves traumatismes physiques et psychologiques aux survivants, affectant leur santé, leur bien-être et leur qualité de vie en général.
  • Une réforme juridique est nécessaire de toute urgence : La criminalisation du viol conjugal enverra un message fort selon lequel la violence sexuelle au sein du mariage est inacceptable et obligera les auteurs à rendre des comptes.
  • Briser le silence est crucial : Encourager des conversations ouvertes sur le viol conjugal, créer des espaces sûrs pour que les survivants puissent partager leurs histoires et remettre en question les normes sociétales qui perpétuent ce crime sont des étapes essentielles vers le changement.
  • L’autonomisation des femmes est essentielle : En offrant aux femmes une éducation, des opportunités économiques et un accès à des services de soutien, elles pourront faire valoir leurs droits et faire des choix éclairés concernant leur vie.

FAQ

1. Le viol conjugal est-il un crime en Inde ?

Non, malheureusement, le viol conjugal n'est pas explicitement criminalisé en Inde. La loi actuelle prévoit une exception qui protège les maris contre toute poursuite pour viol de leur femme.

2. Quelle est la prévalence du viol conjugal en Inde ?

Bien que les statistiques officielles soient limitées en raison d'une sous-déclaration, des études suggèrent que le viol conjugal est extrêmement fréquent. L'Enquête nationale sur la santé de la famille (NFHS-5) indique qu'un pourcentage important de femmes mariées subissent des violences sexuelles de la part de leur mari.

3. Pourquoi le viol conjugal est-il sous-déclaré ?

Plusieurs facteurs contribuent à la sous-déclaration, notamment :

Stigmatisation sociale et honte associées aux violences sexuelles au sein du mariage. Méconnaissance du caractère criminel du viol conjugal et des recours juridiques disponibles. Pression exercée par la famille et la communauté pour préserver le mariage et éviter de « déshonorer » la famille. Crainte de représailles et de nouvelles violences de la part du mari. Dépendance économique envers le mari.

Réflexions finales

La triste réalité du viol conjugal en Inde rappelle brutalement l'inégalité profonde entre les sexes et les normes patriarcales qui règnent dans la société. Le déni de l'autonomie corporelle des femmes et la banalisation des violences sexuelles au sein du mariage perpétuent une culture du silence et de l'impunité.

Il est impératif de reconnaître le viol conjugal comme un crime grave et de modifier les lois afin d'offrir une protection et une justice adéquates aux victimes. S'attaquer à ce problème nécessitera une approche multidimensionnelle, incluant des réformes juridiques, des campagnes de sensibilisation sociale et la possibilité pour les femmes de dénoncer les violences.

La lutte contre le viol conjugal est un combat pour l'égalité des sexes et la dignité humaine. Il est temps que l'Inde reconnaisse cette réalité et prenne des mesures décisives pour protéger les droits et le bien-être de tous ses citoyens.

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